Maurice THOREZ

Maurice THOREZ

La vie de M Maurice THOREZ à Clugnat correspond à un hasard de l'histoire.

Né le 28 Avril 1900 à Noyelles-Godault (Pas-de-Calais). Dés l'age de 12 ans, muni de son certificat d’études, il entre au service de la compagnie minière

« Le travail n'était pas très compliqué, mais il exigeait beaucoup d'attention. Le charbon criblé arrivait devant nous sur une grande toile métallique, il fallait promptement enlever les pierres. On nous payait au pièces. Un bon trieur arrivait à se faire 25 à 30 sous par jour….Le samedi 1ér août, le garde champêtre avec sa cloche annonça la mobilisation générale…. Après la mobilisation,la mine travailla quelques jours encore, mais le nombre des mineurs diminuait rapidement. Bientôt elle s'arrêta …. Le 30 septembre 1914, On évacuait tous les hommes de 18 à 48 ans, mon grand-père partait et je l'accompagnai. Ma mère, qui restait, me donna avant de partir quatre pièces de cent sous (pour info cent sous = 5 Francs), toute ma fortune, bien convaincue de me revoir sous peu. Je ne devais retrouver mes parents que quatre ans plus tard. »

Après un mois d'errance, il fût évacué, toujours avec son grand-père, dans des wagons de marchandises, avec comme destination le centre de la France

« Après un voyage interminable – cinq longs jours – notre train s'arrêta à Guéret, dans la Creuse. Puis le 2 novembre, jour des morts, on le dirigea sur une petite voie et il laissa de gare en gare une partie de son contingent de « réfugiés ». J'échouai avec mon grand-père à la gare de Genouillat, avec un groupe de 70 évacués désignés pour la commune de Clugnat. Dans le village on nous logea tant bien que mal, quatre par pièce. Les habitants étaient très sympathique : ces pauvres gens s’ingéniaient à nous rendre moins pénible notre exil….Il y avait une école au village. J'allai trouver l''instituteur et lui demandai de bien vouloir me prendre dans sa classe avec les autres gamins du village. J'avais quitté l’école depuis deux ans. L'instituteur, un brave homme nommé Selleret, accepta. Je repris donc mes études. M Selleret s'occupa beaucoup de moi. Il me poussa activement et, au mois de mars 1915, me présenta au concours général où je décrochai le premier prix de composition française. On avait donné comme sujet : Ce qui vous a le plus frappé de la guerre. Je n'eus qu'à raconter mes souvenirs, car je l'avais vue, non pas à travers les journaux, stylisée et idéalisée, mais dans son horreur. Fier de mon succès, Selleret voulut m'envoyer à Guéret pour continuer mes études fermement convaincu que j'avais l’étoffe d'un futur instituteur ou d'un professeur. Je refusai, je désirais travailler et gagner quelques sous. Le grand-père était occupé dans une ferme. Un cultivateur des environs consentit à me prendre comme « brayot » (valet de ferme). C'est alors que j'appris à connaître le paysan….. »

C'est alors qu'il pratique au quotidien les activités agricoles liées aux aléas du temps et des saisons

« Je connaissais maintenant tous les gens du village et ceux des environs. A part quelques riches paysans, ils végétaient dans un voisin de la misère. On ne mangeait jamais de viande. La petite propriété où je travaillais se trouvait au village des Forges, à un kilomètre et demi du bourg de clugnat. Le soir je revenais à Clugnat auprès de mon grand-père ; bientôt je couchai aux forges dans un étroit grenier où je m'étais installé un petit lit. Au cours des longues soirées d'hiver, par des lectures et des discussions, commença ma formation politique.Mon patron lisait l'humanité, alors dirigée par Renaudel. Le père Ménager, un vieux maçon qui avait élevé dix enfants, était de tendance révolutionnaire……. »

THOREZ CLUGNAT

Ce texte et la photo sont extraits de l'ouvrage de Maurice Thorez « fils du peuple » dans son édition originale en date du 18 octobre 1937.

En complément d'information, le livre de Mme Janine Rapinat (Clugnat -éditions VERSO- 2.1990) nous indique que : « En 1950, le bureau du parti communiste creusois acheta pour Maurice Thorez la petite maison des Forges où il avait logé adolescent. Une plaque commémorative fut apposée sur la façade où l' on peut la voir encore : « A Maurice Thorez, pour son cinquantième anniversaire. Au fils du peuple que Clugnat accueillit de 1914 à 1917. Au secrétaire général du parti communiste qui conduit notre peuple vers la paix et le socialisme »

De même une plaque commémorative est apposée sur l’appentis où il dormait à côté de la maison des forges avec le texte «  je couchai aux forges dans un étroit grenier où je m'étais installé un petit lit »

Comme il le rappelle dans son livre M Maurice Thorez avait un attachement tout particulier vis à vis de la commune de Clugnat peut-être dû entre autre à son éveil politique au contact de la population laborieuse creusoise.

Il est d'ailleurs revenu à Clugnat pour son 60 éme anniversaire, en témoigne le film qui avait été tourné par le parti communiste le 27 avril 1960.

LIEN vers le film.

Il est intéressant de voir sur ce film « nos anciens en grande partie disparus »

Nous avons réussi avec quelques "moins anciens" de Clugnat à identifier certaines personnes de ce film.

Si vous le souhaitez vous pouvez nous aider à continuer et affiner ce travail en nous apportant des informations complémentaires sur les habitants de Clugnat que vous pourriez reconnaître. (onglet contact -puis formulaire de contact)

Le film peut être décomposé en 5 parties

Clugnat de 00:00 à 01:40

Meeting à Guéret de 01:50 à 04:01

Clugnat de 04:02 à 10:39

Meeting à Gueret de 10:40 à 14:45

Clugnat de 14:45 à 18:52

Les personnes que nous pensons avoir identifiées sont : (repéré en fonction du timing du film)

04:04:16      à gauche de Maurice THOREZ Georges GUILLEMET

04:08:00      Le facteur devant le magasin COOP c'est M DANTON

04:10:16      Mme THOREZ

                   Maurice THOREZ

                   Georges GUILLEMET

                   Camille BLONDET

05:06:05      au centre           M JAMETON

                   à gauche           M Kleber GESSET

05:38:06       pour le groupe de 5 enfants à gauche

                    le plus petit au centre Jean-Louis HESBOIS

                    à droite de Jean-Louis sa sœur Élisabeth HESBOIS

                    à droite d’Élisabeth c'est Martine DUMONTET

                   à gauche de Jean-Louis HESBOIS Peut-être Serge LANGLOIS (à confirmer)

05:49:00      Les enfants Jantolek Jean Pierre le petit et sa soeur Christiane (à confirmer)

05:56:13       L'institutrice       Mme Marcelle JANNET

06:51:22       1 ér plan            M JAMETON

                     à sa droite Camille BLONDET

                     à sa droite Georges GUILLEMET

07:16:00         au centre avec la casquette Georges VILLATTE du Centenaire

07:27:00         à droite avec des lunettes Adeline GUILLET

07:47:23         Mme GUILLOT

08:04:15         C'est Marcel MILLET qui sert la main du monsieur qui a un enfant dans les bras

08:06:16        à gauche M ETEVE de Chatres

                     à droite de M ETEVE M JAQUET de la Pignolle

                     à droite de M JAQUET M SAVIGNAT du moulin de Batisse

09:30:10        au fond à gauche  M Roger SIMONNET

                     devant à gauche  M Joseph HORVAT

                     à droite de dos   M Alain GUERAUD

10:05:17         à gauche Mme CARAT (à confirmer))

                      au 1er plan Marcel BEAUJARD du Poteau de Malleret

10:37:00         Mme CAPITAINE à la porte de sa boucherie

15:29:17          au fond Henri SIMONNET de Poussanges

15:31:17          femme arriere plan Mme DISCHER

16:34:00          M BILLOTET

16:59:00          Au 1ér plan M Alphonse BEAUFILS (Forgeron du hameau des Forges)

17:16:03          1er plan Mme Hélène RAPINAT BEAUFILS ( la femme de M Alphonse BEAUFILS )